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© Martin Laprise


Design 101: L'origine du jardin
Par Pascale Pontoreau

Vous voilà propriétaire d'un terrain! Bravo! Vous venez d'acheter une maison neuve ou de vous installer à la campagne. Votre jardin a été aménagé par vos prédécesseurs. Maintenant, tout est à faire ou à refaire. Et tous les délires sont permis. Enfin, jusqu'à un certain point!

Pour obtenir le jardin de vos rêves, vous devez d'abord observer votre nouveau domaine sous toutes ses coutures. Vous devez également vous poser des tas de questions, lire, consulter des amis et, avant toute chose, déterminer vos envies, vos besoins et votre budget.

Du plaisir avant tout


© Martin Laprise


Imaginer son jardin peut devenir une partie de plaisir qui se joue en famille. C'est l'occasion rêvée d'éteindre la télé, d'étaler des magazines et des livres spécialisés, pour trouver ce qu'on aime. Cette première étape doit être vécue sans limites et sans contraintes. C'est le moment de permettre à chacun d'exprimer ses goûts et ses rêves. En impliquant tous les membres de la famille, on s'assure de leur participation au projet. On note tout, même les idées les plus folles. On fera le tri plus tard. L'un aime les jardins d'eau, l'autre veut un potager suspendu. Plusieurs préfèrent les plates-bandes colorées et les palissades ajourées. On veut cacher le cabanon, installer une clôture métallique, acheter une piscine, arrêter le vent d'hiver...


© André Gallant


On se penche ensuite sur l'ambiance qu'on aimerait conférer au jardin. Là encore, on peut s'inspirer de magazines de jardinage et d'ouvrages spécialisés. On peut aussi puiser des idées dans les magazines de décoration et de voyages, qui font une large part de plus en plus aux espaces extérieurs et aux jardins. On peut fantasmer sur les jardins mexicains même dans le nord du Québec! On peut vouloir créer un aménagement qui impressionne les voisins ou un jardin zen. Il n'y a pas de bonne ou de mauvaise idée. Il n'y a que vos désirs et ils valent bien ceux des autres. Tous les goûts sont dans la nature!

Besoins ou envies?


© Maryse Raymond


Une fois les idées de votre brainstorming décantées et vos rêves définis, il est temps d'affronter la réalité. Il est souvent difficile de rogner sur les besoins. Vous devez donc les déterminer avec précision pour limiter les erreurs. C'est le moment de vous poser quelques questions. Qui ira le plus souvent au jardin? Vos enfants? Prévoyez un espace gazonné qui leur servira de terrain de jeu. Avez-vous des animaux? Vous devrez en tenir compte dans la planification. Qu'aimez-vous faire quand vous êtes à l'extérieur? Lire dans un hamac? Observer les oiseaux? Souper entre amis jusqu'aux petites heures? Quelles sont vos priorités? Acheter un cabanon ou une pergola? Installer une piscine? Aménager un espace pour la niche ou pour les cordes de bois?


© Martin Laprise


Quelle atmosphère aimeriez-vous créer au jardin? Aimez-vous les espaces dégagés, lumineux? Ou les endroits intimes, le couvert des arbres, l'enveloppement de verdure? Quel temps pourrez-vous accorder à l'entretien de votre terrain? Soyez lucide: tous les jardins demandent un minimum d'entretien. Que vous soyez un retaité actif, une jeune mère de famille, un professionnel débordé ou un épicurien «paresseux», il y a de fortes chances que vous ne disposiez que de quelques heures à peine par mois pour votre espace vert.

Les freins naturels

Deux éléments vont freiner vos élans: l'argent et la nature. Bien sûr, on peut mettre d'importantes sommes d'argent dans un aménagement paysager. Mais il y a aussi moyen d'en réduire les coûts. D'abord, nul besoin de réaliser l'intégralité du projet le même printemps. À part l'impatience familiale, prendre le temps d'aménager un espace à la fois permet d'économiser sur la répartition des frais annuels et de réévaluer nos choix le cas échéant. Peut-être que la fontaine en marbre que vous aimez tant occupera trop de place? Peut-être que le banc de tante Jeanne aura finalement fière allure devant le bosquet de spirées?


© Martin Laprise


Ensuite, viennent l'achat et l'installation des matériaux inertes, qui représentent toujours la plus grosse part du budget. En courant les soldes de fin de saison, en magasinant les entrepreneurs, en mettant la main à la pâte, on peut souvent réaliser de bonnes économies. Il suffit parfois de légers changements (choisir une autre texture ou un autre matériau) pour voir les coûts baisser, sans devoir modifier le concept général. Alors, mieux vaut établir une fourchette de prix pour réaliser l'aménagement global.

On ne manipule pas la nature comme on jongle avec les chiffres. Maintenant que vous avez clarifié vos attentes, vous devez observer votre milieu. À vos crayons! Papier quadrillé en main, dessinez ce que vous voyez sur un plan à l'échelle: limites extérieures, maisons et dépendances, portes, fenêtres, terrasses et escaliers, aires de circulation. Un certificat de localisation vous fournira les dimensions et le positionnement. N'oubliez pas l'orientation du terrain ainsi que les éléments techniques: thermopompes, fils et prises électriques, évacuation des gouttières et sorties d'eau.


© Martin Laprise


Ajoutez aussi sur le plan les points d'intérêt. D'une part, vous pouvez y indiquer les arbres que vous voulez préserver (les arbres matures donnent de la valeur à une propriété), ou encore les vues agréables et les espaces à privilégier. D'autre part, vous pouvez ajouter sur ce schéma les éléments que vous désirez camoufler.

Puis vous devez prendre en considération tout ce qui décrit la nature même du jardin: la rusticité, l'ensoleillement, les vents dominants, le type de sol. Il en va de la survie de vos plantations.

Pour la rusticité, c'est simple! Agriculture Canada a établi une carte du Québec, dont les zones varient de 1 à 5, en fonction du climat en vigueur et de la résistance des végétaux au froid (voir notre carte des zones de rusticité en page 89). Quand vous planifiez votre aménagement paysager, il est essentiel de connaître la zone de rusticité de votre municipalité. Arbres, arbustes et vivaces sont, quant à eux, vendus avec l'indication de leur propre zone de rusticité. Toutefois, si un mur ou un boisé font obstacle aux vents dominants, si un plan d'eau se trouve à proximité ou si le jardin est encadré par ceux des voisins (en ville, par exemple), votre terrain profitera probablement d'un micro-climat plus chaud.

Le vent est aussi un facteur à considérer. Il accélère l'assèchement des sols, atténue la couverture de neige et endommage fréquemment les plantes plus fragiles ou moins adaptées. Il est important de repérer les zones les plus exposées aux vents du nord et de l'ouest pour choisir les bonnes espèces, et pour diminuer leurs effets en érigeant un brise-vent.

Autre point important: l'ensoleillement. Quand vous notez tous les détails concernant votre jardin, indiquez par des symboles ou des nuances de couleur votre évaluation de la quantité de lumière ou d'ombre que reçoivent les différentes parties du site. La lumière peut être directe ou indirecte selon qu'elle provient du soleil ou de sa réflexion sur un élément extérieur, comme un mur blanc. L'ombre produite par un mur exposé à l'est ou par la cime d'un arbre au feuillage épars, tel qu'un bouleau, est considérée comme légère. La lumière réfléchie par un mur situé au nord procure une ombre moyenne. Un mur exposé au nord et un arbre ayant une cime opaque procurent plutôt une ombre dense. Cette indication de la luminosité au jardin vous permettra de trouver les végétaux les mieux adaptés à chaque emplacement.

Dernier élément, et non le moindre, le sol. Il est indissociable de la définition d'ensemble du site et donc de la planification de son aménagement ultérieur. On trouve trois types de sols, dont deux qui s'évaluent aisément à mains nues. Le sol sablonneux est léger, pauvre et rugueux au toucher, l'eau s'y infiltre aisément au point d'entraîner les éléments nutritifs loin des racines. Le sol argileux est lourd, compact, difficile à manipuler et l'eau n'y circule pas. Le sol limoneux, qui se situe entre les deux, se tasse sous la pluie et forme une croûte en surface, créant des conditions asphyxiantes pour les racines.

Plus la structure du sol est compacte, plus elle nuit au développement des racines, alors que plus elle est grumeleuse, plus elle en favorise l'établissement. Enfin, pour être fertile, le sol doit contenir au moins 5 % de matière organique. Mais quelle que soit sa composition, pas de panique, il est souvent possible de choisir des végétaux adaptés aux conditions présentes et d'amender le sol de sable, de mousse de tourbe ou de compost pour en améliorer la qualité. Si tout cela vous semble quelque peu complexe, vous pouvez faire analyser votre sol dans la plupart des jardineries et y glaner aussi quelques conseils!

Première étape: l'analyse. Si vous suivez ces premières suggestions, vous pourrez réaliser le jardin qui vous ressemble.
Prochaine étape: comment donner un style personnel à votre aménagement.

Recherche: Danielle Mineau. Pascale Pontoreau est rédactrice en chef de Fleurs, Plantes, Jardins. Avec la série Design 101, Fleurs, Plantes, Jardins donne les outils pour rêver, imaginer, concevoir puis créer votre nouveau jardin. Si vous voulez lire d’autres articles sur le sujet, consultez l’Index rédactionnel du magazine ou Abonnez-vous en ligne. (https://secure.indas.on.ca/care/fpj/subscribe.php3.


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Conseils du pro
1.  Fuchsia et coup de soleil
2.  Ayez des principes d'aménagement
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