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Des monardes qui décoiffent
Par Stephen Westcott-Gratton / Adaptation: Danielle Mineau

Plus qu’un simple étalage de fleurs, la monarde (Monarda) est une vivace herbacée de la famille des lamiacées, à la floraison colorée.

Posées sur un dôme central lui-même soutenu par un bouquet de bractées, les fleurs tubulaires sont rassemblées en de curieux verticilles de couleur rouge, rose, mauve, lilas ou blanc. Mellifères, elles attirent nombre d’insectes de même que les colibris excités par leur ton flamboyant. Elles naissent au sommet de tiges carrées solides qui atteignent de 75 à 90 cm de hauteur. Généralement vertes, les feuilles aromatiques, ovales et dentelées, se teintent légèrement de pourpre à l’occasion.

Au jardin, les fleurs des monardes égaient les plates-bandes pendant plus de huit semaines en juillet et août. Certains cultivars portent parfois des fleurs étagées: au centre d’une première apparaît une courte tige donnant naissance à une deuxième, voire à une troisième. Les dernières de la saison demeurent sur le plant et décorent les jardins d’hiver de leurs pompons hirsutes. En outre, les fleurs fraîches persistent plusieurs jours dans un vase et celles séchées garnissent les pots-pourris. › leurs sympathiques fleurs ébouriffées aux couleurs éclatantes font tourner les têtes tout au long de l’été.

Origines américaines
Le genre Monarda rassemble une quinzaine d’espèces vivaces, toutes natives d’Amérique du Nord. Nommée et originalement décrite par le physicien espagnol Nicolas Monardes en 1574, la monarde sauvage (M. fistulosa) était totalement inconnue en Europe jusqu’à ce que John Tradescant, un Américain de Virginie, en achemine quelques spécimens en Angleterre en 1637. Un siècle plus tard, un autre Américain, le botaniste John Bartram (1699-1777), récolte des graines de la monarde commune (M. didyma) sur les rives du lac Ontario, dans l’État de New York, et les expédie à Londres en 1744. Quelques années après, elles font un malheur au marché de Covent Garden.

Ironiquement, la monarde devint plus populaire en Angleterre et en Allemagne que dans son pays d’origine. Sans tarder, les Européens ont cherché à en étendre la palette de couleurs. Ce gain s’est fait au détriment de la vigueur de la plante car, dès lors, les nouvelles monardes ayant réintégré leurs terres natales ont développé une vulnérabilité à l’oïdium, un champignon qui couvre le feuillage d’un feutre blanc. Heureusement pour nous, des hybrideurs canadiens ont mis au point des lignées plus résistantes à la maladie.

La plante des Indiens
La monarde a en effet porté ce nom en raison de l’usage courant qu’en faisaient les Amérindiens. Ils en utilisaient les feuilles mélangées à de l’huile pour traiter le cuir chevelu et les consommaient en tisane pour soigner la toux, les maux de gorge et les flatulences. Aujourd’hui encore, on reconnaît à la plante des vertus médicinales: elle facilite la circulation du sang et soulage la nausée et les vomissements.

La monarde à table
Les feuilles séchées ou fraîches plongées dans l’eau bouillante donnent une tisane réconfortante. Elles parfument le vin blanc de l’apéro, les vins chauds ou le thé, à la manière du Earl Grey. Les fleurs au goût légèrement citronné et les feuilles fraîches garnissent les salades de fruits ou de légumes. On peut aussi en faire un sirop.

Culture et entretien
Exposition
La floraison soutenue des monardes exige un emplacement ensoleillé ou partiellement ombragé. Les températures chaudes et sèches ou encore très humides favorisent l’apparition de l’oïdium.

Sol et fertilisation
Un sol humide, riche en matière organique et bien drainé leur est indispensable. Un apport de compost ou de fumier à la plantation, renouvelé chaque printemps, contribue à la vigueur de la plante. Aussi, pour contrer l’émergence de l’oïdium, il est conseillé de maintenir le sol humide en tout temps et de ne pas négliger l’arrosage en période de sécheresse.

Taille
La récolte régulière des fleurs destinées à la consommation et la suppression de celles flétries prolongent la durée de la floraison.

Insectes et maladies
La principale menace provient évidemment de l’oïdium auquel la plante est sensible. Les feuilles se couvrent d’une poudre blanche, puis noircissent. Pour contourner le problème, on privilégie la plantation de cultivars résistants.

Multiplication
À l’instar de l’iris de Sibérie, les monardes se propagent rapidement grâce à leurs racines rhyzomateuses. La plante peut même se faire envahissante: mieux vaut limiter son développement en la divisant tous les deux ou trois ans. Cette intervention a aussi le mérite de maintenir une touffe fournie, car la zone centrale tend à se dégarnir après quelques années.

Les monardes aiment les sols constamment humides et une division fréquente et craignent les étés chauds et secs ou encore très humides.



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