Geranium phaeum ‘Album’
© Julie Dansereau
Les vrais géraniums
Par
Marie-Fleurette Beaudoin
Lorsque l’on parle de géraniums, la plupart d’entre nous voient ces belles plantes robustes aux multiples
fleurs rouges, roses ou saumon. En réalité, ce sont des pélargoniums, petits cousins des vrais géraniums.
Une première évidence: les géraniums sont
vivaces, tandis que les pélargoniums sont annuels. Il faut donc les hiverner à l’intérieur, à l’abri du gel. Avec les nuits froides que nous connaissons depuis quelques jours, il est temps de les rentrer. Les pélargoniums et les géraniums font partie de la
famille des Géraniacées qui compte plus de 750
espèces différentes.
Le
genre Geranium est le plus vaste du groupe avec ses 300 à 400
espèces: on en retrouve aux quatre coins de la planète.
Polymorphes, résistants et adaptés à des conditions environnementales très différentes, les géraniums ont donné naissance à une multitude d’hybrides ornementaux. En 2004, en Grande-Bretagne, on pouvait se procurer plus de 600
cultivars de géraniums. Au Québec, bien que moins nombreux, on trouve aussi un vaste choix de géraniums
vivaces bien adaptés à notre climat.
Un des plus anciens géraniums
hybrides cultivés chez nous,
Geranium x magnificum (
zone 3), tolère la mi-ombre et les sols secs. Ses grandes
fleurs bleu violacé sont cependant éphémères et le plant a tendance à s’écraser au sol. Deux nouveaux
cultivars ‘Blue Blood’ et ‘Rosemoor’, tout en étant aussi
rustiques, sont plus trapus et leur
floraison est beaucoup plus longue.
Geranium x oxonianum, également très
rustique (
zone 3), possède une
floraison soutenue toute la saison. Malgré une tendance à s’étaler et un
port complètement
irrégulier, ce géranium est très facile de culture. Toutefois, il produit bon nombre de rejetons qui ont tendance à envahir la plate-bande: ils sont néanmoins faciles à contrôler.
Geranium x cantabrigiense (
zone 3), bien qu’ayant aussi tendance à s’écraser au sol, possède de nombreuses petites
fleurs roses à blanches qui apparaissent brièvement au début de l’été. Son beau feuillage
odorant devient pourpre à l’automne. Il s’adapte à toutes les conditions de culture, même à l’ombre dense. Plusieurs
cultivars en sont issus, ‘Cambridge’ à
fleurs rose foncé, de même que ‘Biokovo’ et ‘St-Ola’ à
fleurs rose pâle.
Ces dernières années, de nombreux
cultivars issus de la culture in vitro ont envahi le marché. Ces
cultivars, souvent
stériles et très
florifères, sont en voie de devenir très populaires. Par exemple, ‘Jolly Bee’ (
zone 4), surpasse son ancêtre
Geranium wallichianum ‘Buxtons’s Variety’, un géranium très apprécié. Ses
fleurs bleues au centre
blanc et striées de violet fleurissent du printemps aux gelées. Son feuillage
panaché est particulièrement abondant. ‘Rozanne’ (
zone 5, peut-être 4), très semblable, possède une croissance vigoureuse et résiste très bien aux intempéries.
Issu du géranium des prés (
), ‘Spinners’ (zone 4, peut-être 3) a été sélectionné pour ses fleurs lilas bleuté très abondantes, de même que pour sa taille qui peut atteindre plus d’un mètre. De dimension plus modeste, ‘Nimbus’ se démarque par un fin feuillage particulièrement élégant. Paré de fleurs lilas pâle, il fleurit de mai à la mi-juillet et reprend à la fin d’août. Deux magnifiques cultivars parmi les plus florifères, ‘Brookside’ et ‘Orion’ possèdent d’abondantes fleurs bleu violacé au centre blanc rayé de rouge. En fleurs tout l’été, leur feuillage dense vire au rouge écarlate en automne.
Parmi d’autres cultivars qui fleurissent tout l’été, il faut mentionner ‘Tiny Monster’, issu de G. sanguineum, dont il possède la vigueur et le magnifique feuillage; ‘Salome’, au feuillage légèrement doré que survolent de belles fleurs mauves veinées de violet foncé, et le populaire ‘Ann Folkard’, aux tiges plus rigides et au port plus compact, affichant de jolies fleurs mauves striées de violet.