Préparer le jardin pour l’hiver!
Par
Marie-Fleurette Beaudoin
«Un peu tôt, me direz-vous, pour penser à l’hiver.» Mais objectivement, il ne reste pas tant de beaux jours pour préparer le jardin et il y a tant à faire.
L’automne est la bonne saison pour ajouter du
paillis dans les plates-bandes. Une
couche de 5 à 7 cm de
paillis protègera les racines des plantes des risques de gel et dégel, en prévenant leur déchaussement. Les meilleurs
paillis sont d’origine
organique. Ces produits ont des propriétés fertilisantes et stimulent la
flore microbienne, alors que certains autres peuvent inhiber la croissance des mauvaises
herbes
On recommande les
paillis à décomposition lente (
aiguilles de pin, bois
raméal fragmenté [copeaux de bois], écorces de pin, fibres de coco,
paillis de cèdre,
paillis de pruche et
tourbe de
sphaigne [
mousse de
tourbe]) pour les endroits à entretien minimal, comme les sentiers et autour des
conifères, des
arbres et des
arbustes.
Les
paillis à décomposition rapide et moyenne (
compost jeune, feuilles broyées, écales de sarrasin, écales de cacao, fibres de coco, mini-écorces de pin de l’Ouest et paille) sont préférables pour les plates-bandes de
vivaces et d’annuelles dans lesquelles on doit travailler fréquemment.
Désherber
Une première règle, incontournable: il faut désherber avant d’étendre le
paillis. Les
rhizomes de mauvaises
herbes vivaces, comme le chiendent, traversent le
paillis s’ils ne sont pas enlevés préalablement.
Aérer le sol
Avant d’installer le
paillis dans les plates-bandes de
vivaces et d’annuelles, il est important d’aérer le sol en le bêchant sur de 15 à 20 cm de profondeur. On peut aussi incorporer de 2 à 5 cm de
compost. Pour les
arbustes, il n’est pas essentiel de bêcher le sol puisque, avec le temps, les microorganismes apportés par le
compost ameublissent le sol.
Les toiles géotextiles ne sont pas nécessaires
L’utilisation des toiles géotextiles peut être limitée aux sentiers et aux endroits dénudés où l’on veut empêcher les mauvaises
herbes de pousser. Des toiles peuvent également être installées sous les végétaux à entretien minimal, comme les genévriers étalés ou les potentilles. Installer une toile autour des
vivaces qui doivent être déplacées ou divisées régulièrement comporte plus d’inconvénients que d’avantages.
L’acidité
Il est conseillé d’utiliser un
paillis acide pour les plantes acidophiles comme les
conifères, les hydrangées, les rhododendrons et les bruyères. Les
paillis de cèdre, de pruche, de sapin, de pin ou de
tourbe de
sphaigne (
mousse de
tourbe) remplissent bien cette tâche. Les
paillis acides se décomposent plus lentement que les autres, car l’activité microbienne y est moins intense.
Combien en mettre?
Pour les
vivaces et les annuelles, une épaisseur de 3 à 5 cm est suffisante. Pour les
arbustes, un
paillis de 7 à 10 cm est idéal. Quant aux
arbres, un
paillis de 7 cm est suffisant, mais on peut en mettre jusqu’à 25 cm, et ce, jusqu’au
tronc. Il n’est pas nécessaire de dégager la base des
arbustes et des
arbres qui peuvent croître à travers le
paillis.
Par contre, pour les
vivaces et les annuelles, il faut repousser minutieusement le
paillis de quelques centimètres autour de chaque plant pour ne pas nuire à leur croissance. Certains
paillis, comme les écales de cacao et de sarrasin, ont tendance à développer des
moisissures si on en met trop épais. Par contre, les
paillis aérés, comme la paille, se compactent rapidement, il faut donc en mettre plus épais.
Assurer un bon entretien
Les
paillis à décomposition rapide ou moyenne sont généralement complètement ou partiellement décomposés à la fin de la saison, si le sol est
fertile. On peut alors enfouir le
paillis restant dans les premiers centimètres du sol ou le faire au printemps suivant lors du nettoyage de la plate-bande.
L’esthétique
Chaque
paillis possède une valeur esthétique différente. Les
paillis de couleur sombre et de texture fine se confondent plus facilement aux teintes de
terre et sont plus faciles à intégrer. Les
paillis aux teintes claires font contraste et attirent le regard: ils peuvent donc voler le spectacle aux plantes-vedettes.
Varier les couleurs et les textures de
paillis crée un effet dynamique et utiliser un seul
paillis favorise l’unité du site. Près de la maison et dans un endroit où l’on circule près des végétaux, il est préférable de mettre un
paillis de qualité et de réserver les
paillis plus grossiers pour les endroits à l’écart.
Où se procurer le paillis?
Les jardineries offrent une bonne
variété de
paillis, les plus faciles à trouver sont la
tourbe de
sphaigne, le
paillis de cèdre, l’écorce de pin de l’Ouest, le
paillis de pruche, les écales de cacao et «Colori-sol» (du bois
raméal fragmenté stratifié non dégradable). Les écales de sarrasin sont plus rares, mais n’hésitez pas à les demander, les grossistes et les meuneries en ont en stock.
En ville, la sciure de bois et les feuilles sont deux matériaux gratuits facilement disponibles. Le
compost d’usine de
champignons ou d’élevage de canards, la paille, les résidus de culture, les fougères et bien entendu les feuilles sont d’autres excellents
paillis très économiques. On peut également se procurer gratuitement – ou pour une somme minime – du bois
raméal fragmenté, communément appelé «copeaux de bois», en communiquant avec les compagnies d’émondage, les services municipaux ou Hydro-Québec.
Le coût
Certains fournisseurs
horticoles offrent le
paillis en vrac, mais la plupart du temps, il est vendu en sacs seulement. Le
paillis de cèdre, les écales de sarrasin et de cacao et la
tourbe de
sphaigne comptent parmi les
paillis commerciaux les plus économiques. Leur coût de revient s’établit entre 0,22 $ et 0,60 $ le
pied carré, selon qu’on les achète chez un détaillant ou chez le grossiste. Restez à l’affût des nouveaux produits et, avant de faire votre choix, évaluez le coût au
pied carré en fonction du rendement esthétique et
fertilisant.