Espace abonnement Abonnez-vous Renouvelez Service aux abonnés
via

 












© Martin Laprise


Le Jardin Scullion
Par Julie Boudreau

C'est au coeur du Saguenay--Lac-Saint-Jean que Brian Scullion a imaginé un jardin étonnant qui, en pleine zone 3, accueille des centaines de variétés de plantes à la résistance bien plus tempérée.

Il était artiste, peintre, photographe, musicien, amoureux des oiseaux, pilote, cinéaste et bien plus encore. Un jour, dans les années 80, Brian Scullion a posé ses valises et ses caméras pour acquérir 40 hectares de terre en friche du côté d'Alma, à quelques kilomètres du lac Saint-Jean. Loin de nier son passé, il allait utiliser son expérience visuelle, sa créativité et son regard allumé pour développer des activités de production végétale, puis un jardin ouvert au public.


© Martin Laprise


Vous avez dit rustique?

En quelques années, M. Scullion, parfait autodidacte, devient le plus important pépiniériste de la région. Sa découverte des végétaux rustiques se révèle une passion décisive qui augmente sa production et permet aux jardiniers locaux de se procurer une vaste sélection de plantes inaccessibles jusqu'alors. L'horticulteur fait une découverte de taille: les longs hivers enneigés du Lac-Saint-Jean ont un net avantage sur ceux, beaucoup plus doux, du sud du Québec. Ici, la couverture de neige est très épaisse et reste longtemps en place. Les vivaces en sont reconnaissantes: beaucoup se multiplient gaiement tandis qu'elles péricliteraient en grande banlieue de Montréal. C'est le cas de la laîche à feuilles de cuir (Carex buchananii) et du miscanthus de Chine 'Cosmopolitan' (Miscanthus sinensis 'Cosmopolitan'), par exemple, deux plantes de zone 6 qui bousculent la notion même de rusticité.


© Martin Laprise


Une impressionnante palette de couleurs

Quand le jardin ouvre ses portes aux visiteurs, en 1999, il compte déjà de nombreuses plantations. D'année en année, Brian Scullion ajoute une cascade, aménage des étangs et des ruisseaux, construit des ponts et plante des centaines d'arbres et des milliers d'arbustes et de vivaces. Aujourd'hui, plus de 850 espèces et cultivars se partagent ce lieu affectueusement surnommé le Jardin botanique du Lac-Saint-Jean.


© Martin Laprise


Aménagées en larges massifs, les plantations créent un saisissant tableau impressionniste: les couleurs explosent et s'impriment dans les mémoires. Voir des dizaines d'astilbes et d'hémérocalles fleurir en même temps et s'épanouir au soleil estival est un véritable ravissement. Les contrastes entre les compositions florales et les feuillages variés sont d'autant plus spectaculaires qu'ils sont inattendus: le feuillage pourpre des physocarpes fait ressortir la clarté des hostas et la légèreté des astilbes, tandis qu'il accompagne avec élégance le feuillage doré des spirées et celui, plutôt gris, de l'épiaire laineux (Stachys byzantina).

Parfaitement protégé des vents par une épaisse barrière végétale, le jardin se distingue par le nombre de conifères ornementaux qu'il abrite. Épinettes noires à aiguilles dorées, épinettes blanches pleureuses, mélèzes greffés sur tige, tantôt pleureurs, tantôt tortueux: il y en a vraiment pour tous les goûts. Une diversité que l'on retrouve autant pour les arbustes que pour les vivaces.

En effet, le site brille par ses nuances ornementales, alors que toutes les vivaces présentes sont bel et bien rustiques. Aux généreux massifs de hostas et d'hémérocalles se joignent des phlox paniculés à feuillage panaché, des sedums à la surprenante teinte noire et des marguerites à fleurs doubles. Des annuelles, tout aussi bigarrées, complètent les volumineuses plates-bandes. Un heureux mélange où s'harmonisent volumes, textures et couleurs.


© Martin Laprise


Un lieu à partager

Comme tout passionné, Brian Scullion ne dort pas sur ses lauriers: il teste chaque année la rusticité d'au moins une soixantaine de plantes. Chacune est plantée et maintenue sur place pour deux ou trois ans, le temps d'étudier sa propension à survivre et à se développer malgré les rigueurs de l'hiver au Lac-Saint-Jean.


© Martin Laprise


Les nombreux essais ont donné naissance au jardin des sous-bois, qui compte plus de 1 500 vivaces asiatiques importées de Corée, de Chine et du Japon. On peut y admirer l'imposant pétasite du Japon (Petasites japonicus) et un très grand massif de phytolaques d'Amérique (Phytolacca americana). Dernièrement, un jardin des nouveautés est venu compléter les différents espaces de ce site pas comme les autres.

Car, au-delà de la production de plantes rustiques et des visites organisées, le Jardin Scullion est aménagé pour que chacun y trouve son compte: du jardinier amateur au plus expérimenté en quête de nouveautés locales, des familles en manque de verdure aux étudiants intéressés par la biodiversité. C'est vraiment un magnifique endroit de plaisir et de découvertes. Et ce ne sont pas les 10 000 visiteurs de l'an passé qui me contrediront.


© Martin Laprise


LE JARDIN EN RÉSUMÉ :

• COORDONNÉES : 1985, rang 7 Ouest, L'Ascension-de-Notre-Seigneur, 1-800-728-5546, www.jardinscullion.com

• PÉRIODE D'OUVERTURE : tous les jours, du 15 juin au 15 septembre, de 8 h à 17 h

• ENTRÉE: 20$ (adulte), 10$ (5 à 16 ans), gratuit (5 ans et moins)

• DURÉE MOYENNE DE LA VISITE: 3 heures.



Conseils du pro
1.  Fuchsia et coup de soleil
2.  Ayez des principes d'aménagement
3.  Pour embellir une piscine hors terre

Annuaire du jardinier
Trouvez l'expert qu'il vous faut

 








Zone concours















Annoncez chez nous  |  Termes et conditions   |  Politique de confidentialité

Médias Transcontinental S.E.N.C.

Un site de TC Media,
Solutions Consommateurs