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Pissenlit
Photo:
©Albert
Mondor.
Quelles sont les herbes indésirables les plus communes?
Mentionnons d'abord le pissenlit (Taraxacum officinale), qui occupe une place à part. Véritable envahisseur de nos pelouses, cette plante qui survit aux pires traitements donne bien des maux de tête aux partisans de la pelouse parfaite. Le chiendent (Agropyron repens), l'herbe à poux (Artemisia ambrosiifolia) et la prêle (Equisetum arvense) figurent également au nombre des herbes indésirables connues et néfastes. Mentionnons aussi la moutarde noire (Brassica nigra), le chou gras (Chenopodium album), la digitaire astringente (Digitaria ischaemum), la renouée japonaise (Fallopia japonica), le fraisier des champs (Fragaria virginiana), le lierre terrestre (Glechoma hederacea), l'oxalide dressée (Oxalis stricta), le grand plantain (Plantago major), l'herbe à puce (Toxicodendron radicans) et l'ortie dioïque (Urtica dioica).
Existe-t-il des herbes indésirables toxiques, allergènes ou urticantes?
La petite herbe à poux (Ambrosia artemisiifolia) est allergène. Lorsqu'elle fleurit et largue son pollen, cette plante est la principale cause du rhume des foins, qui touche chaque été des milliers de gens. Et pour cause: ses fleurs mâles produisent d'énormes quantités d'un pollen très léger que le vent peut transporter sur plus de 200 km! Cette indésirable doit donc être éliminée sans hésitation. Un truc pour l'identifier; elle possède des feuilles caractéristiques, vert tendre et finement découpées. Cette plante doit être extraite du sol avec un sarcloir avant sa floraison, au début d'août (il n'est pas dangereux de la toucher avec les mains nues). Même si on la retrouve dans nos jardins, elle a une nette préférence pour les sols pauvres et abandonnés, comme ceux des abords routiers et des terrains vacants.

L'herbe à puce (Toxicodendron radicans) est une autre plante qu'on devrait tous pouvoir identifier. Au Canada, on la retrouve sous deux formes: la première est buissonnante et n'atteint que 30 cm de hauteur, l'autre est grimpante. Les feuilles vert tendre et lustrées de l'herbe à puce sont composées de trois folioles ovales à bout pointu. Attention: on ne doit jamais y toucher à mains nues sous peine d'irritations de la peau fort douloureuses. Si nos vêtements ou nos outils ont été en contact avec elle, il est préférable de s'en départir, car son huile irritante, le toxicodendrol, peut persister très longtemps sur les tissus et le bois. La méthode la plus efficace pour l'éliminer consiste à la recouvrir pendant une année complète d'une épaisse toile de plastique noire, en prenant soin de bien couvrir le sol jusqu'à 2 m autour des plants. Cette technique, appelée solarisation, consiste à utiliser la chaleur du soleil pour brûler les rhizomes et racines des plantes indésirables.

Finalement, il y a l'ortie dioïque (Urtica dioica), aux propriétés urticantes: lorsqu'on la touche, on ressent aussitôt une vive brûlure. C'est qu'elle est munie de poils dans lesquels se trouvent des glandes remplies d'acide formique. Au contact, l'acide s'écoule, ce qui provoque une irritation de la peau plutôt désagréable. Le seul moyen efficace de se débarrasser de l'ortie dioïque est de mettre des gants épais et de l'extirper du sol à l'aide d'un sarcloir.
Photos: ©Albert Mondor (petite herbe à poux, ortie dioïque).
Existe-t-il des herbes indésirables utiles?
Ce n'est pas parce qu'une herbe est dite mauvaise qu'elle ne peut pas être utile. On la dit indésirable parce qu'on a décidé que sa présence n'était pas souhaitée dans nos jardins. Pourtant, plusieurs herbes indésirables ont des vertus étonnantes. Ainsi, les feuilles du pissenlit (Taraxacum officinale) et du chou gras (Chenopodium album) sont comestibles et délicieuses en salade. La prêle (Equisetum arvense), pour sa part, constitue un excellent fongicide qui prévient la fonte des semis. Pour fabriquer un fongicide naturel à partir de cette plante, on en fait une décoction: on fait bouillir 100 g de prêle séchée dans 5 L d'eau pendant une dizaine de minutes, on laisse infuser pendant 12 heures et on vaporise directement sur nos semis.
Comment éliminer les herbes indésirables de nos plates-bandes?
On enlève les herbes indésirables dès leur apparition, on n'attend surtout pas qu'elles forment des semences. Les principaux outils pour sarcler sont la binette, munie d'une lame conique, et le sarcloir, constitué de trois dents pointues et recourbées. Tous deux peuvent être munis d'un manche long ou court. La binette permet de pénétrer aisément sous la surface du sol et de soulever les herbes indésirables. Malheureusement, il arrive fréquemment qu'on ne l'enfonce pas suffisamment en profondeur dans la terre et qu'on coupe les racines des herbes à éliminer (ce qui leur permet de repousser). On évite ce genre de problème avec le sarcloir, qui permet presque à coup sûr d'extraire les herbes indésirables sans sectionner leurs racines.
Comment prévenir l'apparition d'herbes indésirables dans une plate-bande?
L'application d'un paillis organique est une des meilleures façons de limiter, voire d'empêcher complètement, la croissance des herbes indésirables. Pour la majorité des plates-bandes, un paillis de 5 à 7,5 cm d'épaisseur suffit habituellement. Il peut toucher la base des arbustes et le tronc des arbres sans problème, mais il est toutefois préférable de l'écarter de quelques centimètres du collet des vivaces et des annuelles de façon à ne pas nuire à leur croissance. Comme ils sont posés directement sur le sol, les paillis organiques se décomposent complètement en trois à quatre ans. Après cette période, il n'est toutefois pas toujours nécessaire de les remplacer, car les végétaux touchent alors leurs voisins, ce qui diminue l'ensoleillement au sol et limite la germination des herbes indésirables.
Une foule de matériaux inertes peuvent servir de paillis. Les plus utilisés sont les copeaux de bois et l'écorce (dans les jardineries), mais on peut aussi utiliser des matières ramassées sur notre terrain: feuilles mortes déchiquetées, rognures de gazon, aiguilles de conifères et même de la paille. À noter: seuls les paillis organiques (composés de matière végétale) possèdent toutes les qualités recherchées. Ce n'est pas le cas des cailloux décoratifs, dont l'utilisation doit être limitée.
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