
Quatre-temps (
Cornus canadensis )
© Isabelle Dupras
Les jardins forestiers et les plantes d’ombre
Par
Isabelle Dupras
Si l’analyse du site dévoile que les conditions qui y règnent sont similaires à celles d’une forêt, qu’elle soit de
conifères ou de
feuillus, il sera possible d’aménager un jardin forestier.
Que l’ensemble du terrain ou seulement une partie corresponde à ce type d’habitat, il est préférable d’abord de déterminer clairement des sentiers. Les plantations et les aménagements pourront se faire de part et d’autre du sentier, ainsi la texture du sol et la santé des plantes ne seront pas compromises par le piétinement aléatoire.
De la même manière que pour le choix des plantes, il est possible de s’inspirer de l’habitat naturel pour les matériaux qui façonneront les lieux de passage. Rondins, billots,
paillis d’écorce sont des options qui viennent à l’esprit, mais vos observations en forêt vous dicteront peut-être d’autres choix tout aussi heureux. Avec un peu plus de labeur, il est possible d’aménager des sentiers sur pilotis. Ces derniers permettent de créer des
zones de forêt humide où l’on pourra cultiver plusieurs types de fougères.
Dans un jardin entouré d’érables matures qui fournissent passablement d’ombre, on pourra s’inspirer d’une érablière naturelle pour concevoir son aménagement et sélectionner les plantes qui y pousseront. Les grands
arbres matures serviront de cadre à des
arbustes d’ombre, tels que les viornes à feuilles d’aulne. À cette structure de base viendront se
greffer des
vivaces typiques de l’érablière: trilles, sanguinaires, violettes ou fougères.
Toutefois, si le couvert ombrageant est constitué d’espèces résineuses telles que des pins, sapins, mélèzes ou thuyas, il faudra plutôt s’inspirer des forêts de
conifères. Le choix des
espèces croissant en sol
acide est malgré tout assez vaste. Les maïanthèmes, thés des bois, quatre-temps et linnées sont des possibilités qui viennent en
tête de liste.
Dans une forêt de
conifères, la densité et la structure des branches empêchent bien souvent l’eau et la lumière d’atteindre les
pieds des
arbres. Si l’on plante aux
pieds d’arbres où rien n’a jamais poussé, il est fort probable que rien n’y poussera, malgré toute la bonne volonté de l’entrepris! Deux alternatives se dessinent, modifier l’habitat ou accepter ces conditions et l’apparence qui en résulte. Pour modifier les conditions, il est possible de tailler les branches basses pour faire pénétrer un peu de lumière et d’ajouter de la matière
organique.
Encore quelques conseils pour le jardin forestier. D’abord, il faut reconnaître qu’une
souche ou un
arbre morts sont des éléments hautement intéressants. Ils serviront à nombre d’animaux et leur décomposition éventuelle permettra à des
mousses ou des fougères d’élire domicile. Les tas de broussailles provenant de la
taille des branches sont également bénéfiques à la faune. Ne les considérez pas systématiquement comme des rebuts.
Ensuite, ne vous évertuez pas à garder de la
pelouse sous un
arbre, d’abord c’est difficile, et de plus, vous manquez une belle occasion de diversifier votre aménagement. De toute façon, un
paillis est préférable,qu’il soit de feuilles, d’aiguilles ou de copeaux compostés. Le type d’arbres qui fournissent de l’ombre ou composent la forêt guidera le choix approprié.
Quatre-temps (Cornus canadensis )
Les sous-bois de
conifères sont inachevés sans le quatre-temps.
Espèce typique des forêts
acides, elle peut s’implanter même dans les régions les plus froides. Son feuillage, un attrait en soi, est rehaussé par une
floraison printanière de couleur blanche. Ses
fruits, mûrs à la fin de l'été, forment de petites
grappes de
baies d'un rouge éclatant qui sont appréciées par la faune forestière.
Hauteur: 10 à 15 cm
Largeur: 25 cm
Floraison: fleur blanche
Période de floraison: mai, juin
Exposition: ombre ou mi-ombre
Sol: a besoin d’un sol relativement bien drainé, voire sablonneux, au
pH acide
Rusticité: zone 1
Habitat naturel: forêts de
conifères, forêts mixtes, rochers et
tourbières